- "Ah bon, et pourquoi ?"
- "Parce qu'elle est arabe et tu n'aimes pas les arabes"
- .... (silence gêné de la tante)
- "Mais moi, tu m'aimes pourtant ?" questionne mon fils
- "Ben oui !"
- "Pourtant je suis à moitié marocain..."
- ... (silence atterré de la tante)
Il parait qu'il y a plein de vilains trolls lepénistes sur la toile. Il parait qu'ils disent des choses immondes en polluant nos billets de gauche et qu'il faudrait à tout prix les écarter en se liguant contre leurs commentaires.
Oui, oui.
Il parait que Marine pourrait être au second tour face à Sarkozy. Il parait qu'au mieux, on pourrait même devoir choisir entre Bayrou et Le Pen selon un grand visionnaire.
Ah bah zutalor !
Sauf qu'il faudrait peut-être écouter la rue au lieu de lever les bras au ciel en criant au scandale. Pas la peine d'évoquer la connerie du corps électoral, les manœuvres élyséennes ou l'inconscience des médias et de leurs sondages qui manipulent notre pensée.
Pas la peine non plus d'invoquer "l'Humanisme", la "Générosité", l'Ouverture d'esprit".
Ce n'est pas que je crache sur ces valeurs, mais il faut bien quand même être un peu réaliste si l'on veut que Hollande remporte les présidentielles.
La politique de l'autruche ne va jamais permettre à la gauche de répondre aux préoccupations des Français. L’angélisme du PS lui coûte très cher depuis des lustres.
On n'est plus au temps des trente glorieuses, les gens souffrent, les points de tension se rigidifient et c'est forcément le chacun pour soi qui prévaut quand on a du mal à garnir la gamelle.
Alors, oui, il y a des problèmes de communautarisme, du ras-le-bol à voir des groupes de rebeus agglutinés devant les halls d'immeubles dans les quartiers naguère épargnés, des aspirations au protectionnisme quand les usines disparaissent, des attentes élémentaires comme l'augmentation (réelle et claire) du pouvoir d'achat y compris pour ceux qui jusqu'à présent faisaient partie de la classe moyenne.
Et si on délaisse ces sujets sensibles sous prétexte qu'ils sentent le souffre, on ouvre une voie royale à l'extrémisme.
Il parait que Le Pen fait dans le populisme. C'est sans doute vrai.
A contrario, nos vedettes socialistes s'y refusent tant qu'elles ne sont plus audibles : Face aux 200 euros promis par le FN qui parlent à tout le monde, les calculs élaborés et les projets trop alambiqués du PS ne sont simplement pas compris et perdent tout leur poids auprès d'une grande partie de l'électorat.
Ce ne sont alors pas les classes ouvrières qui se sont éloignées du PS mais ce parti qui ne sait plus leur parler, ni sur le fond, ni sur la forme.
Alors François, serait-ce possible de parler de ce qui fâche et de donner des perspectives simples et compréhensibles ?