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mardi 10 janvier 2012

La politique de l'autruche


- "J'ai une amoureuse" déclare mon fils de 10 ans à sa tante (parisienne et de gauche) au moment des fêtes de Noël... "Mais tu ne l'aimerais pas"
- "Ah bon, et pourquoi ?"
- "Parce qu'elle est arabe et tu n'aimes pas les arabes"
- .... (silence gêné de la tante)
- "Mais moi, tu m'aimes pourtant ?" questionne mon fils
- "Ben oui !"
- "Pourtant je suis à moitié marocain..."
- ... (silence atterré de la tante)


Il parait qu'il y a plein de vilains trolls lepénistes sur la toile. Il parait qu'ils disent des choses immondes en polluant nos billets de gauche et qu'il faudrait à tout prix les écarter en se liguant contre leurs commentaires.

Oui, oui.

Il parait que Marine pourrait être au second tour face à Sarkozy. Il parait qu'au mieux, on pourrait même devoir choisir entre Bayrou et Le Pen selon un grand visionnaire.

Ah bah zutalor !


Sauf qu'il faudrait peut-être écouter la rue au lieu de lever les bras au ciel en criant au scandale. Pas la peine d'évoquer la connerie du corps électoral, les manœuvres élyséennes ou l'inconscience des médias et de leurs sondages qui manipulent notre pensée.
Pas la peine non plus d'invoquer "l'Humanisme", la "Générosité", l'Ouverture d'esprit".

Ce n'est pas que je crache sur ces valeurs, mais il faut bien quand même être un peu réaliste si l'on veut que Hollande remporte les présidentielles.


La politique de l'autruche ne va jamais permettre à la gauche de répondre aux préoccupations des Français. L’angélisme du PS lui coûte très cher depuis des lustres.

On n'est plus au temps des trente glorieuses, les gens souffrent, les points de tension se rigidifient et c'est forcément le chacun pour soi qui prévaut quand on a du mal à garnir la gamelle.

Alors, oui, il y a des problèmes de communautarisme, du ras-le-bol à voir des groupes de rebeus agglutinés devant les halls d'immeubles dans les quartiers naguère épargnés, des aspirations au protectionnisme quand les usines disparaissent, des attentes élémentaires comme l'augmentation (réelle et claire) du pouvoir d'achat y compris pour ceux qui jusqu'à présent faisaient partie de la classe moyenne.

Et si on délaisse ces sujets sensibles sous prétexte qu'ils sentent le souffre, on ouvre une voie royale à l'extrémisme.


Il parait que Le Pen fait dans le populisme. C'est sans doute vrai.

A contrario, nos vedettes socialistes s'y refusent tant qu'elles ne sont plus audibles : Face aux 200 euros promis par le FN qui parlent à tout le monde, les calculs élaborés et les projets trop alambiqués du PS ne sont simplement pas compris et perdent tout leur poids auprès d'une grande partie de l'électorat.


Ce ne sont alors pas les classes ouvrières qui se sont éloignées du PS mais ce parti qui ne sait plus leur parler, ni sur le fond, ni sur la forme.


Alors François, serait-ce possible de parler de ce qui fâche et de donner des perspectives simples et compréhensibles ?

dimanche 8 janvier 2012

Présidentielles 2012 : L'équipe de France des girouettes


Quelques heures avant minuit le 31 décembre, j'ai été saisie d'une grande allégresse à la pensée que 2012 serait l'année du changement et que c'en serait bientôt terminé de la Sarkozie ; jamais nouvel an ne m'avait semblé plus rempli de perspective de joie dans un contexte national aussi gris foncé !

Mais de jour en jour, à la lecture de la presse en ligne, je retombe dans la colère et le ras-le-bol face à nos candidats, champions du monde des girouettes.


Bon, de SARKOZY, je n'attendais rien : Zébulon, candidat sans l'être et à nos frais, continue de sauter sur tout ce qui bouge pour développer des thèmes de campagne au gré de ses humeurs et de celles de l'opinion public surtout.

De slogans en désaveux, il troque son "Travailler plus pour gagner plus" et la défense des riches pour une nouvelle posture sociale. Il détricote son projet et ses promesses, rend visite aux restos du cœur, appelle à la solidarité de la grande distribution, mobilise l'ONU contre la pauvreté dans le monde, défend la taxation des transactions financières, fait grand bruit à l'occasion de ses multiples déplacements de vœux sans verser un sou.

L'agitation présidentielle semble porter ses fruits puisque le tout récent sondage IFOP confirme qu'il talonne désormais Hollande au 1er tour des prochaines élections.


BAYROU, jamais au mieux de sa forme qu'en tant que candidat, spécialiste de la danse du ventre à chaque élection et champion de l'équipe de France des girouettes, tape sur tout le monde tout en défendant paradoxalement une union nationale et se positionne en sauveur.

Il rassemble - comme un 2007 - des éléments épars et hétéroclites (Douste-Blazy, Boutin, Dassier...). Il déclare que "François Hollande a dit quelque chose qui est absolument juste" et que "Hollande est quelqu'un [qu'il] respecte". Son ennemi du centre Hervé Morin est même certain que François Bayrou appellera à voter pour le candidat socialiste entre les deux tours si lui-même ne figure pas au second.

Pourtant on s'étonne de le voir rencontrer régulièrement le Président de la République et, en septembre, de la déclaration de Dominique Paillé selon lequel François Bayrou chercherait à se rapprocher de la droite de façon à «recomposer autour de lui et avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy, un pôle centriste au sein de la majorité» en vue de 2017.

La stratégie Bayrouiste fonctionne et les Français, usés et désabusés, lui font déjà, selon le dernier sondage IFOP, confiance à hauteur de 12%.


Quant à HOLLANDE, le champion choisi pour défendre la gauche, il semble chaque jour se noyer davantage dans le rêve qu'il nous vend et nous vante.

De déclarations en démentis, on a du mal à distinguer la clarté de son projet et Villepin n'a pas vraiment tort quand il dénonce les contradictions du candidat socialiste. Sur l'éducation, sur le nucléaire, sur la retraite, les couacs se multiplient sans que l'électeur que je suis arrive à comprendre, au fond, la ligne du candidat.

Le résultat est là avec une baisse de confiance régulière de l'électorat depuis la fin des primaires socialistes.

Il serait grand temps que François Hollande se réveille et abandonne le rêve pour parler clair aux Français :

- Les constats chiffrés de la politique sarkosyste sont suffisamment simples et limpides à comprendre pour tous et peuvent être exposés sans effets de manche.

- Des propositions concrètes, chiffrées, assorties d'un plan d'action réaliste sont les seules attentes des électeurs à la recherche de vérité et conscients des difficultés économiques du pays.

“Le changement, c’est maintenant" ... Y compris dans le discours François.



 

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