Coup de sang à l'arrivée de la factrice ce matin et à l'ouverture de la petite lettre recommandée qu'elle me remet avec le sourire.
Madame, Monsieur,
Les dispositions légales inscrites dans nos contrats prévoient que chaque année, l'une ou l'autre des parties peut résilier, moyennant un préavis de deux mois avant la date d'échéance.
Nous avons le regret de vous informer que nous nous prévalons de cette possibilité au regard des impératifs de notre entreprise. En conséquence, nous procédons à la résiliation des contrats référencés en marge à compter du 1er janvier 2010 à zéro heure.
Je suis assurée à la Maaf -
Mutuelle des artisans de France faut-il le préciser ? - depuis 1984. Je n'ai jamais eu aucun incident de paiement et l'ensemble de mes contrats personnels et professionnels (automobiles mais aussi habitation, responsabilité civile, santé et parfois scolaires) sont pris chez eux depuis des lustres.
Je n'ai jamais fait le calcul des cotisations versées en plus de 20 ans mais j'imagine aisément que j'ai fait partie, depuis tout ce temps, des
"vaches à lait" permettant à la Maaf de se targuer chaque année du maintien de ses tarifs, du bonus à vie, de la prime efficacité et
de tout le
baratin publicitaire.
Aussitôt le courrier reçu, ne sachant pas ce qui me vaut une telle punition, je me rue sur le téléphone pour joindre un conseiller et j'apprends que je souffre d'une maladie absolument honteuse :
une sinistralité trop fréquente !
Après quelques questions d'approfondissement, il s'avère qu'
en 4 ans, j'ai eu 5 sinistres automobiles dont uniquement 2 responsables !!!Ainsi, pour la Maaf,
et "au regard des impératifs de cette entreprise",
avoir 2 sinistres responsables en 4 ans devient une cause de rupture de contrat !
J'apprécie aussi, il faut le souligner, que la lettre recommandée me parvienne le 2 novembre,
ce qui m'interdit donc techniquement de résilier de mon coté, l'ensemble des autres contrats qui me lient à la mutuelle. Preuve, s'il en fallait, que la Maaf considère sans aucun doute que
je suis "rentable" sur les autres contrats !
La MAAF se dirige donc droit vers le statut de société d'assurances lambda, uniquement préoccupée d'argent et de marketing et, semble-t-il, exclusivement dédiée aux artisans
(mais aussi aux particuliers puisqu'il faut bien s'engraisser n'est-ce pas ?) n'ayant jamais d'accident.
Et, tandis que je relis les statuts de la Maaf, je m'interroge sur ces
artisans qui utiliseraient toute la journée leurs véhicules professionnels dans Paris sans avoir de soucis de carrosserie ! ...
Pareillement, je me questionne sur l'action de
solidarité et d'entraide (1), ainsi que sur la contribution au
développement moral de cette mutuelle
"à but non lucratif" qui semble être passée maitre dans l'art de "faire du chiffre". Ce dont
elle sait se vanter en omettant pudiquement de décrire les "techniques" réellement utilisées pour l'atteindre.J'ai le doux sentiment qu'entre les
turpitudes bancaires,
les souscriptions forcées des sociétés de téléphonie, les publicités mensongères, les
micmacs des assurances et
toutes les autres
joyeusetés,
l'étau se resserre autour du citoyen gogo, perpétuellement condamné à payer pour des "
services" (publiques, privés ou mutualistes) qui relèvent d'une sorte d'escroquerie organisée, résultat d'une collusion de plus en plus pressentie entre les gouvernants et les organisations sus-citées.
(1) Extrait d'un article de Hyperassur - "Différence entre une mutuelle et une compagnie d'assurance :
Le fonctionnement des mutuelles est régi par le code de la mutualité. Par exemple, le rôle d’une mutuelle santé est de compléter le remboursement de la sécurité sociale. L’article L111-1 du code de la mutualité définit les mutuelles comme suit :
« des personnes morales de droit privé à but non lucratif. Elles acquièrent la qualité de mutuelle et sont soumises aux dispositions du présent code à dater de leur inscription au registre national des mutuelles. Elles mènent notamment au moyen de cotisations versées par leurs membres, et dans l'intérêt de ces derniers et de leurs ayant droit, une action de prévoyance, de solidarité et d'entraide, dans les conditions prévues par leurs statuts afin de contribuer au développement culturel, moral, intellectuel et physique de leurs membres et à l'amélioration de leurs conditions de vie »