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samedi 8 mai 2010

Libération de la femme, mon oeil !



Je vous la fais courte, hein?, parce que je suis en mode paresse et qu'en plus, je ne vais pas vous imposer de re-re-relire le débat sur la burqa.


Mais tout de même, ce matin, j'ai un peu les nerfs au moment d'enfiler ma tenue de ouikande.

(Parce que comme j'en faisais la remarque sur le Wall de l'amie Trublyonne, que ce soit, le 8 mai ou non, les samedis se suivent et se ressemblent : c'est toujours "Tournez Ménages" ou plutôt "Tournée ménage" pour la femelle).


Bon, alors, il parait qu'en l'an 2010, je ne peux pas (encore) sortir en pantalon dans la rue sans risquer l'amende !

Et puis, je n'ai pas non plus le droit de me glisser dans une robe en Latex sans me faire traiter de pouffe, de blonde ou de cochonne.

Je ne peux bien entendu pas non plus, d'après l'ayatollah Sedighi, exposer ma guibolle au soleil sans générer d'épouvantables tremblements de terre .

Et si je réagis contre la boobsfatwa en soutenant le boobquake, si j'échange mon gentil avatar débile contre une photo de petits nichons emballés d'une jolie lingerie, je suis prise à partie sur twitter : On me questionne et requestionne sur le pourquoi d'une telle image, on me souligne l'aspect dégradant de la chose, je suis retwittée comme jamais par des mâles inconnus ...

La moutarde me monte au nez, j'envisage donc la burqa et là, j'arrête mon geste de ras le bol à temps : Ah ! c'est que, non plus, je n'ai droit de m'ensevelir sous un linceul ! Pour avoir souligné le ridicule de ce faux-gros-problème étalé à l'envi sur la place publique, l'ami Lediazec s'est fait lynché.

OK, dont acte.

Me reste donc en mai 2010, pour l'élégance et le latex, le tablier et le gant Mappa toujours politiquement corrects !



jeudi 26 novembre 2009

La Mâle Attitude selon Zemmour


Ce matin, en farfouillant sur la Toile, je suis tombée sur un billet de Mon Mulhouse au sujet de la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes. S'y trouve présentée une émission de France3 - Ce soir ou jamais - consacrée à ce thème et présentant le documentaire de Patric Jean "La domination masculine".

Que l'on défende ou non ce documentaire, il a au moins le mérite d'exister et de ne pas être aussi gnangnan que certaines publicités contre le viol dont je doute de l'efficacité !

Olympe me dit sur twitter qu'elle pense que c'est une tribune offerte aux masculinistes. Je veux bien la croire puisque sa spécialité, c'est justement l'engagement féministe.


Mais j'ai quand même quelques doutes.


Il me semble en effet que ces types qui seraient "violemment" anti-féministes, n'ont pas besoin d'un documentaire pour nourrir leur virulence. Au contraire, j'ai le sentiment que la menace est grande de les voir distiller peu-à-peu et sans réelle opposition, leur vision de la "Mâle attitude".


Ainsi, j'ai le poil hérissé en ré-écoutant Eric Zemmour interrogé il y a un an sur la Télé Suisse Romande et j'en suis à me demander si PetitChéri, mon fils de 24 ans, n'est pas tout bonnement émasculé par la faute de sa castratrice de mère !


Définition de la virilité selon Zemmour dans son livre dans son livre :
  • "Un garçon ça entreprend, ça assaille, ça conquière, ça couche sans aimer"
Bah tiens, bien sûr... Et la fille, elle, joue aux Barbies, s'assied et pleurniche au premier bobo, stationne toute sa vie comme une godiche dénuée de tout esprit d'initiative, se laisse marcher sur les arpions en souriant et se marie vierge après avoir uni son destin à l'homme qu'elle aiiiime.

En une phrase, je viens d 'apprendre - et ça fait mal - que je suis mâle... davantage que femelle. Flûte !

  • "Les femmes devraient remercier l'homme de les tromper avec une pétasse, ils en seront de meilleurs amants"
Je suis à deux doigts de plaindre ce pauvre homme qui ne profite pas de l'expérience de sa femme (qui bien entendu ne PEUT pas en avoir) et doit se contenter, pour sa formation au Kamasutra, de vulgaires grognasses.

Comme je n'ai jamais particulièrement congratulé ceux qui ont forniqué avec d'autres tandis qu'ils étaient censés se borner à ma couette, j'en déduis illico que j'ai non seulement castré mon gosse mais réduit à queue de cerise l'expérimentation sexuelle de mes ex !

A moins, bien entendu, que je ne fasse parti des pétasses... Ce qui ne me laisse qu'une joie mitigée.

  • "L'homme est un prédateur sexuel, un conquérant" répond-il plus loin à un jeune homme de 20 ans qui lui tient des propos "d'un romantisme de jeune fille" (sic) .
  • Aux "jeunes gens" (entendez jeunes hommes) actuels "à qui on a expliqué qu'il fallait aimer pour désirer,ce qui est un comportement classiquement, traditionnellement féminin", Zemmour explique que "dans la psychologie masculine, si un homme aime, il a beaucoup de mal à désirer, en clair, il a beaucoup de mal à bander".

Nom d'un p'tit bonhomme ! Me voilà atterrée !
Je repasse à toute allure certaines séquences récentes de ma vie privée ... Celui qui m'offre des fleurs, me câline et m'émotionne en se disant amoureux ne serait donc qu'un simulateur ?!! Son romantisme, un simulacre ?!! Et nos joyeux ébats ne seraient que la preuve de son indifférence ?!!

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"Est-ce que vous n'ouvrez pas les vannes justement à une violence non-civilisée [...] en répétant que l'homme est un prédateur ? C'est quand même monstrueux..." interroge le journaliste un peu interloqué.

"Non, pas du tout" répond Zemmour "Ce n'est pas monstrueux, c'est justement...Il faut, il faut qu'il soit un prédateur sexuel civilisé. si vous voulez, il y a une attente de virilité, il y a une attente de violence. Donc il faut de la virilité, il faut de la force".





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Ohlà oui, Monsieur Zemmour, comme je me sens tout à coup virile !!

Comme j'ai furieusement envie de vous prouver qu'il existe aussi chez la femme un peu de testostérone, assez en tout cas pour me pousser à vous botter sévèrement le train au cas où vos petites fesses de réac venaient à passer à portée de mes low boots.



vendredi 9 octobre 2009

Mes petites lessives roses



La vie nous réserve parfois des surprises qui nous rappellent à des combats que nous pensions presque dépassés.

C'est ainsi qu'à la vue de mes dernières petites lessives roses, je me souviens de ma rencontre avec Christine Fauré, féministe convaincue dont la démarche m'avait choquée à plus d'un titre.

Je suis en effet généralement assez éloignée des préoccupations relatives à la parité (que je juge plutôt néfaste pour des raisons que j'exposerai peut-être un autre jour), au voile (dont je me fiche au fond comme de ma première socquette) ou au rugby plus macho que le foot (clin d'oeil amusé à la copine Olympe).


Cela dit, la cause des femmes ne m'est pas complètement indifférente et j'ai toujours veillé à ne pas transformer mes filles en Barbies miniatures. A la maison, foin de froufrous, les gamines sont la plupart du temps et depuis toujours, vêtues de jeans, de T-shirt et de pull, les baskets étant généralement le point d'orgue de la tenue.

Sont-elles devenues pour autant et à tout jamais de robustes camionneuses ? Loin s'en faut. Aujourd'hui, hormis le fait qu'elles subtilisent trop fréquemment mes quelques babioles-bonne-mine et qu'elles passent trop de temps à mon goût devant le miroir au lieu de manœuvrer l'aspirateur à ma place, je regarde leur jeune féminité qui s'exprime à travers certains accessoires d'un oeil plutôt attendri.

J'ai donc ancré ma conviction de départ : en ne cantonnant pas les fillettes dans un rôle de jolies poupées, on peut non seulement leur apprendre qu'elles n'ont rien à envier à leurs mâles camarades et leur conserver toute la grâce qui fait la différence entre un homme et une femme.


Car en cela, je rejoins Eliette Abecasis qui déclara à la sortie de son livre "Le corset invisible" :
"Pour libérer la femme, il ne faut pas essayer de copier l’homme ni de le voir comme un adversaire. Libérons la femme par sa féminité, sinon l’homme restera le grand gagnant du féminisme…"

"La thèse soutenue évoque certaines conséquences paradoxalement négatives de la libération de la femme. En effet, le corset, symbole explicite de l’emprisonnement du corps et de l’aliénation de la femme et arraché grâce à la lutte efficace des féministes, s’est transformé en contraintes impalpables, invisibles, mais bien réelles : pression d’une esthétique corporelle figée et exigeante, association moderne des tâches traditionnelles et professionnelles, persistance des mythes fondateurs (le mariage, la maternité, la grand-mère)." Evene


Si j'approuve le fait que la femme peut gagner plus de liberté encore en assumant sa féminité et sa différence sans se laisser enfermer dans un dogme "féministe" que je juge dépassé, je suis également d'accord avec le point de vue de Bourdieu exprimé lors d'une Interview avec Télérama :
"C'est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes... La jupe, c'est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s'asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane."


Aussi, quelle ne fut pas ma stupéfaction, voire mon abattement, quand je dus intégrer à mes lessives quotidiennes, les tenues d'une petite personne de 6 ans tout récemment incluse à mon cheptel de gosses : pantacourts roses, gilets roses, jupettes roses, T-shirt et chaussettes roses, culottes roses ...

De la même manière, je ressentis une vague vague de colère quand je constatai, alors que nous étions au parc et que les garçons courraient en tous sens, tentaient de grimper aux arbres ou pataugeaient dans la bouillasse, que la mignonne était condamnée à les regarder de loin pour cause de ballerines dorées ou de mocassins roses....

"Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu'elles s'adressent d'abord au corps et qu'elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience" Bourdieu

"Du côté des petites filles, paru il y a trente ans, rencontra un vif succès auprès de tous ceux que préoccupaient l’éducation et les relations homme/femme. L’ouvrage dénonçait l’oppression dont les petites filles étaient l’objet et imaginait possible leur libération, en modifiant « les structures psychologiques ». Postulant la nature sociale de cette fameuse différence des sexes, c’est à une démonstration idéologique que s’emploie alors Elena Gianini Belotti.

La thèse d’Elena Gianini Belotti a eu le mérite, dans son excès, de parier sur une évolution sociale et familiale qui amènerait la petite fille à faire un choix plus libre, moins sur le mode œdipien de l’identification."


Une évolution sociale et familiale dont j'ai soudain fortement douté en enfournant dans le lave-linge ma petite lessive rose minutieusement séparée des jeans foncés et serviettes blanches alors même que les jeunes hommes présents à l'émission de David Abiker me semblaient faire partie de ces trentenaires prêts à refuser le piège des marketeux ...

vendredi 25 septembre 2009

Que pèsent 156 décès par an en France ?



Mercredi 23 septembre, Nadine MORANO conviait à déjeuner toutes les anciennes secrétaires d'Etat ou ministres des droits des femmes de ces trente dernières années, "d'Yvette Roudy à Simone Veil, en passant par Michèle André, Anne-Marie-Couderc ou Nicole Ameline".
"Je veux montrer qu'au-delà des clivages politiques, nous sommes unies pour faire bouger les lignes. Au fil des ans, les choses ont avancé, bien sûr, mais il faut maintenant aller plus loin." Le Monde

Comme l'explique Osiris sur son blog, Morano semble d'engager sur trois sujets en particulier : l'égalité des salaires entre hommes et femmes (voir blog de la lutte contre la discrimination) , le congé parental et la violence conjugale.


Sur ce dernier sujet, Nadine Morano a annoncé que le bracelet électronique pourrait bientôt être imposé aux maris ou conjoints violents, sur prescription judiciaire.
"Je souhaite que l'on enseigne dès l'école, aux garçons, que l'on n'a pas le droit de porter la main sur une fille, mais aussi qu'on expérimente le procédé du port du bracelet électronique pour les conjoints violents, comme en Espagne. C'est un débat que je souhaite porter au niveau du gouvernement", avait-elle déjà déclaré en aout dernier.

Ce bracelet permettra aux victimes d'être prévenues par un petit boîtier qui déclenchera l'alarme dès que leur conjoint violent s'approchera trop près d'elles.


Ce dispositif pourrait concerner environ 2 000 époux violents chaque année. Il ne remplacera pas la peine de prison, mais sera prescrit par la justice pour contrôler la mesure d'éloignement. Ses modalités d'utilisation seront définies à l'issue d'une concertation avec les associations et les parlementaires lancée mi-octobre.

L'Espagne, qui en a généralisé l'usage cet été après un premier essai dans la région de Madrid, estime qu'il aurait permis de diminuer de 14% le nombre des décès dus à la violence conjugale. Le Parisien.


On peut, comme le fait Osiris dans son billet, déplorer que cette décision n'ait pas joui d'un meilleur écho dans la presse et sur les blogs essentiellement préoccupés par les moulinets sarkozistes ou les rebondissements de l'affaire Clearstream.


A croire que le tabouret du nano ou le cinéma Sarko-villepiniste ont davantage d'importance que les 156 femmes mortes sous les coups en 2008.



 

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