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jeudi 15 avril 2010

Le lip-daube du Paradem ! La politique vraiment autrement


Vous l'avez rêvé, espéré, attendu, porté, voulu... Le voici en exclusivité nationale : Le lip-daube du Paradem. Que tous ceux qui veulent "changer les hommes avec des géraniums" nous rejoignent dans un irrésistible mouvement de rassemblement chlorophyllé. Avec le Paradem, refleurit l'espoir que demain "plus rien ne sera comme avant *...

Extrait du site du ParaDem


Les politiques - si on sait se moquer d'eux - ne seront plus jamais comme avant :-)

Malheureusement, nos recrues socialistes ont l'air de ne pas encore avoir totalement acquis le sens de la dérision : ah ! doctrine, quand tu nous tiens ! ! ...




Lip daube du PaRaDem from Leroy Morin on Vimeo.

Film tourné le 2 avril 2010 par FVZ (à l'Imprevu, 35 rue Didot à Paris) lors de l'Université de Printemps du PaRaDem, sur un scénario baclé par Michin et Leroy-Morin. Merci à Jean-François (Clair-Obscur) pour le montage,la post-synchro et l'ensemble de la post-production. Tous les participants (ainsi que Ségolène R.) demandent humblement pardon à Alain Souchon et Laurent Voulzy du sort qu'ils ont fait au "Pouvoir des fleurs", mais c'était pour une bonne cause... la nôtre !

lundi 21 décembre 2009

Faut-il sacrifier la liberté au profit de la sécurité ?



Demain 22 décembre 2009 à 19:00
, aura lieu le prochain débat du café-citoyen de la Nouvelle Arcadie Paris sur le thème suivant :


Faut-il sacrifier la liberté au profit de la sécurité ?


Nous vous attendons à L'imprévu, 35 rue Didot / Place Flora Tristan, 75014 PARIS (Métro Pernety).


samedi 21 novembre 2009

Je participe à la semaine des cafés citoyens


Une première du 21 au 28 novembre 2009

La Semaine des Cafés Citoyens est un grand débat national proposé par le réseau de La Nouvelle Arcadie. La première édition de cette évènement se déroule du 21 au 28 novembre 2009 sur le thème : « Faut-il et comment rendre les hommes responsables de leurs actes envers les générations futures ? ».

"Le sommet de Copenhague sur le climat se réunit dan quelques semaines. La plupart des scientifiques parlent d’urgence. Les budgets de l'Europe financent en priorité des projets écologiques. Le développement durable touche l'économie entière. Certains évoquent des droits pour la nature. Volonté réaliste, utopie, angoisse, espoir ? Et si, demain, nous étions tous responsables du « développement durable » au sens large ?"



Dans le cadre de cette semaine très particulière, j'animerai le débat à Paris, mardi 24 Novembre à l'Imprévu 35 rue Didot / Place Flora Tristan, 75014 PARIS.


J'espère que certains d'entre vous pourront venir participer aux échanges !

mercredi 28 octobre 2009

Ce soir, mon second café citoyen


Ce soir, j'anime mon second café citoyen avec la Nouvelle Arcadie sur le thème "Le pouvoir peut-il revenir aux citoyens ?"

En cherchant quelques infos sur le sujet, j'ai trouvé deux ou trois documents canadiens et français qui donnent à réfléchir.

Le problème n'est pas nouveau puisqu'en 1998, un sondage publié au Canada dans " Actualité " nous apprenait que 4% seulement des électeurs "faisaient très confiance à leurs hommes politiques". Plus récemment, au cours de la dernière campagne électorale au Québec, d'autres sondages ont révélé que 70% des électeurs "ne croyaient pas que les promesses faites par les candidats seraient tenues".

Les formes actuelles de la démocratie n'inspirent plus, depuis trop longtemps déjà, confiance aux citoyens et la question mérite donc toujours que l'on y réfléchisse.


Le site justiceplus.org détermine 7 causes à cette défiance des citoyens canadiens que nous pouvons reprendre à notre compte :

1 - La valeur nulle de tout engagement préélectoral : Le citoyen s'est résigné aux pirouettes de ses élus et n'a plus confiance au contrat implicite entre lui et ses représentants

2 - La marginalisation de l'Assemblée Nationale : Le député, celui qui en théorie nous fait nos lois et devrait représenter l'électeur, ne reçoit donc plus de mandat réel et ne représente plus personne: il ne représente que le parti politique qui l'a choisi comme candidat et ne rend de compte qu'à celui-ci

3 - L'aliénation du citoyen de la chose publique : Le citoyen ne croit plus que quiconque prétend le représenter au sein de l'État soit vraiment SON représentant et il est donc totalement aliéné de la chose publique.

4 - Le biais médiatique qui déséquilibre le dispositif électoral : L'électeur en est réduit à voter pour une image et un visage: nous sommes en "démocratie cosmétique". Le politicien a le visage et l'image de ses moyens et de ses appuis; appuis transparents, mais aussi parfois tacites, implicites et occultes. D'autre part, ce n'est pas la publicité payée qui est vraiment efficace, mais la publicité gratuite faite par les médias, les commentateurs, les éditorialistes

5 - L'exclusion des"petits partis " qui est un veto à l'évolution de la pensée politique : Notre démocratie est essentiellement de bipartisme. Les tiers partis n'y ont que peu de place et, si ce bipartisme est un facteur de stabilité et de consensus, il faut, toutefois, sous peine de stagnation de la pensée politique, de la démocratie et de la structure sociale elle-même, encourager l'émergence de nouvelles visions et de nouveaux partis.

6 - La démarche à huis clos de conception et de préparation des lois : La démocratie, même représentative dans son application, ne devrait pas se réduire à une intervention ponctuelle du citoyen au choix de ceux qui décideront pour lui de son avenir. Elle devrait signifier la participation continue du citoyen au processus de décision politique, mais aussi à l'identification des problèmes, à l'étude des solutions à leur apporter et à l'élaboration des lois venant encadrer l'application de ces solutions.

7 - L'absence de contrôle efficace du citoyen sur l'application des lois : La démocratie actuelle ne prévoit pas de suivi par les citoyens des gestes par l'Administration en exécution des décisions prises par les législateurs. Le pouvoir exécutif ne fait pas de place utile au citoyen au sein des mécanismes de contrôle de l'Administration. Il ne lui laisse, seul devant la machine étatique, que le recours judiciaire, lent, coûteux, complexe.


Le site de l'UNESCO apporte un élément complémentaire lors de la journée mondiale de la liberté de la presse.

"Les médias font office de vecteurs de transmission d'une pluralité de points de vue et d'une multiplicité de paroles, permettant ainsi l'exercice de la citoyenneté par la participation, la critique et le vote. Des citoyens bien informés peuvent mieux et plus activement participer au processus de prise de décisions dans leur société.

Sur un plan plus fondamental, les médias encouragent l'acquisition de connaissances civiques et facilitent le débat sur les enjeux du moment.

Fondamentalement, le rôle des médias en matière de démarginalisation et de citoyenneté consiste à comprendre que la liberté de la presse ne se limite pas à la liberté pour les journalistes de rendre compte des faits et de les commenter ; elle est aussi en lien profond avec le droit pour le public d’accéder librement à l'information et à la connaissance et de participer activement à la vie politique."


On peut également citer le livre de Yves Sintomer "le pouvoir au peuple" dans lequel l'auteur démontre qu’un nouveau terrain politique est en train d’émerger : Face à la « démocratie » d’opinion et à sa fascination obsessionnelle pour les sondages, une démocratie participative s’invente où les citoyens et les mouvements sociaux peuvent prendre leur part.

Ou encore Eve Lamont, cinéaste canadienne, pour qui le pouvoir citoyen réside non pas dans les institutions politiques, mais dans la pression populaire exercée par des gens ordinaires qui s'organisent et se font entendre dans la rue.


Des éclairages et des points de vues qui seront certainement repris et complétés ce soir par les interventions de ceux qui participeront au débat et dont je vous ferai une petite synthèse.



mardi 13 octobre 2009

Que serait Jean Sarkozy sans papa ?


Notre first-of-all à nous se questionne sur la fin des privilèges de naissance dont se félicitait ce matin le nicolas1er du coucou dans son discours sur le lycée.

Conclusion du concis billet "Ah. Et les nominations à l'EPAD ? Inspiré par Napoléon... "


Sûr que dans la série des passe-droits qui agitent la blogosphère (sans secouer l'opinion semble-t-il hélas) , l'élection (car on est en république n'est-ce pas ?!) de Sarkozy fils à la tête de l'EPAD soulève la polémique.

Et la polémique enfle et atteint les rivages de l'Afrique... Là où réside "l'homme africain qui n'est pas rentré dans l'histoire" et qui se gausse un tantinet.

Et voilà que l'on reparle de l'ambition politique des fils de président ! Et, cette fois-ci, pas en Afrique, un continent qui semble avoir l'apanage de la chose, mais bien en France, patrie de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité.
Être fils de président doit-il forcément apporter des avantages ou, au contraire, se révéler un handicap pour celui qui choisit de nourrir des ambitions politiques ? On le voit, la question est très délicate et il serait bien risqué d'oser la trancher au couteau.

Pour le cas de Jean Sarkozy, on peut quand même comprendre que l'on se pose de légitimes questions quant aux compétences et à l'expérience d'un jeune homme de 23 ans, étudiant de 2e année en droit (seulement) et qui aurait sur les épaules la charge de diriger le plus grand quartier d'affaires d'Europe"

Et l'homme africain de rajouter :
"On a beau croire qu'"aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années" [interrogé sur la candidature du fils Sarkozy, Patrick Devedjian, le président sortant de l'EPAD, a cité ce vers de Corneille, extrait du Cid], tout de même il existe quelque part quelque chose qui vous suggère qu'à une autre âme bien née, mais descendant d'une souche différente de celle de Sarkozy, on demanderait peut-être de faire preuve d'un peu moins d'empressement."

Extrait de Courrier International, un article de Jean-Claude Kongo du journal burkinabé Le Pays.


En tout cas, moi j'adore quand l'homme africain se moque du nanocrate :-) ...

mercredi 7 octobre 2009

Résistance


"Le nom de Walter et le mot résistance, Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté dans un camp de concentration du nom de Dachau ....

Sans prétention et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire (Walter, retour en résistance) révèle l'actualité, l'importance, et la nécessité, d'une résistance au quotidien."





Hier, beau coup de gueule et appel à la résistance d'un auditeur sur le répondeur de "là-bas si j'y suis" après l'émission consacrée aux suicides chez France Télecom...Qui me fait réfléchir à nouveau sur la résistance civile .

Résistance civile qui - d'après une étude très poussée de Maria Stephan et Erika Chenoweth, fonctionne et me semble toujours malheureusement d'actualité, non seulement pour les peuples luttant pour la démocratie mais également sans doute pour ces travailleurs que maltraitent certaines entreprises.

Je reprends donc ici l'article (trouvé sur Sciences Humaines.com en décembre dernier et déjà paru sur mon ancien blog) qui défend l'efficacité de la résistance civile non-violente.


"S’appuyant sur des études de cas très précises les deux auteures affirment que de 2000 à 2006, des populations civiles très organisées ont été capables de déployer des méthodes non violentes – boycotts, grèves, manifestations, non-coopération systématique – afin de défier des pouvoirs pourtant fortement enracinés, exiger et obtenir des concessions politiques.

Plusieurs raisons expliquent, selon les auteures, cette efficacité des campagnes de résistance civile.
  • L’utilisation de la violence par une seule des parties et la possibilité de ne pas entrer dans des processus sans fin de violences/attaques/représailles sont un immense avantage en termes de légitimation internationale.
  • La résistance non violente est également fortement déstructurante pour le pouvoir en place: elle affaiblit de façon considérable le soutien social aux régimes répressifs.
  • Enfin, la résistance non violente incite la communauté mondiale à user rapidement de sanctions internationales fortes.

Mais au-delà des mécanismes détaillés de cette efficacité, c’est la capacité d’un groupe social à créer du politique – et à ne pas s’effondrer dans la déstructuration sociale – qui est déterminante.

Dans ce cadre, les campagnes civiles de résistance sont à la fois des moyens de maintenir la cohérence et la structure du groupe, et un mode d’action contre un pouvoir répressif.

Ainsi, a contrario d’une grande partie de la science politique actuelle, pour qui les luttes violentes sont nécessaires parce que plus efficaces, l’article conclut que les campagnes de lutte non violentes ont été couronnées de succès dans 53 % des cas, contre 26 % seulement pour les campagnes de résistance violente ". (Article original en anglais :Document complet)


Dans les entreprises, ces modes d'actions sont déjà mis de plus en plus souvent en pratique.

Dans un article de janvier dernier sur "les nouvelles formes de résistance au travail", je citait les enquêtes de Réponse et Acemo qui soulignaient une évolution des modalités de conflit dans les entreprises qui conduit à la multiplication d'actions individuelles ou inter-individuelles telles que :
  • Le débrayage d'une durée de moins d'une journée (non comptabilisé dans les chiffres de grève)
  • Le refus des heures supplémentaires
  • Une augmentation de l'absentéisme
  • Le recours aux pétitions
  • La création de blogs de salariés

Quand on sait que les services de l'Etat étaient tout à fait au courant des problèmes humains qui se posaient chez France Télécom et la manière dont ceux-ci ont laissé les choses amplifier au point de générer d'insupportables drames personnels, on se demande si, effectivement, l'injonction conjointe du film de Gilles Perret et de l'auditeur de France Inter n'est pas pas la seule voie d'action encore possible pour être entendu.





lundi 5 octobre 2009

Today


Ce n'est pas un billet très gai.
C'est qu'il pleut et qu'il fait froid et que je déteste le toujours trop long hiver.

Je me roule en boule sous la couette, je n'ai plus envie d'écouter la radio, de lire les journaux, de répondre aux billets des copains.

Le pitre du gouvernement, l'agité du bocal, la Pompadour ne me font plus rire du tout.

La consultation militante au PS qui frise dangereusement à mon avis le foutage de gueule même si le résultat a le goût d'une victoire pour Aubry,

les questionnements du MoDem sur un éventuel rassemblement des centres et ses incessants débats sur le manque de démocratie interne,

le "oui" des Irlandais à l'Europe qui donne raison à ceux qui piétinent le choix populaire,

la votation pour la Poste qui laisse un goût d'inachevé malgré son succès et dont le résultat ne préjuge en rien des décisions d'une présidence qui ne cesse de renier ses promesses,...


... me donnent surtout envie de fermer les écoutilles et de ne plus rien faire d'autre que de proscratiner en rêvassant sur des #musicmonday.




jeudi 24 septembre 2009

Hop ! Nouvelle direction !


Entre cinq lessives et un trafic de voiture entre la Belgique et mon home-sweet-home, j'ai quand même le temps de m'occuper un peu de mon dada perso, en l'occurrence la démocratie.

Ou plus exactement, la citoyenneté.

Je vous l'avais déjà dit, agacée (bel euphémisme !) que j'étais par les luttes partisanes et les micmacs politiques (ce sur quoi vous pouvez aller lire la réponse de Dagrouik auquel je fais une bise au passage) , je prévoyais de me tourner vers un autre genre d'engagement.

C'est chose faite.

Hier, je me suis lancée dans le grand bain et j'ai animé mon premier café citoyen... Brrr (ça c'est la trouille !). Ce sera le cas désormais une fois par mois. Peut être davantage.

Alors, comme je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui (ou bien, pour être honnête, comme je tire une flemme d'enfer) et que le sieur qui devait me préparer un petit billet adhoc pour présenter l'association Nouvelle Arcadie m'a fait faux bond, je vous laisse des liens pour découvrir le projet, la charte et/ou les audios des dernières rencontres.


Et je vous parlerai de cela plus sérieusement dans quelques jours.


En attendant, si vous voulez des nouvelles de la nanocratie gesticulante ou de la foutocratie politicienne, il suffit d'aller voir chez les copains, il y a tout plein de news déprimantes :-)

.. . Et d'ailleurs, je vous note en priorité les liens de ceux qui me donnent des points au Miko (Ah bah oui les grognons, je sais, c'est pas du jeu, mais je m'en fiche :-))



Partageons mon avis






























































































mercredi 16 septembre 2009

Tous pourris



Ce n'est pas encore ce matin que je serai réconciliée avec la politique française.

L'énorme buzz sur le nouveau site très moche de désirs d'avenir ne serait rien s'il ne cachait pas une autre réalité bien plus triste : la terrible déception des militants qui ont sincèrement cru que Ségolène Royal était en mesure d'appliquer ce qu'elle préconisait. Une démocratie participative respectueuse de la parole et du travail de tous.

J’ai toujours reconnue à Ségolène Royal son intuition sur la démocratie participative.[...]

Cependant force est de constater que celle-ci est désormais la grande absente de la démarche de Ségolène Royal : un changement majeur à la tête de Désir d’Avenir sans consultation des adhérents, la volonté de faire de DA une ONG toujours sans consultation, les prises de distance de personnalités comme Jean-Pierre Mignard ou Jean-Louis Bianco et pour couronner le tout un site ni fait ni à faire sans la moindre consultation de spécialistes de la communication sur le web (alors qu DA possède la ressource en son sein…)
(Marc Vasseur)


Leur déception est à la hauteur de leur espoir. Non pas parce que le nouveau site de DA est totalement raté mais parce qu'il est la preuve tangible que le travail et les compétences des milliers de militants réunis autour de SR ont été balayés d'un revers de la main pour d'obscures raisons personnelles.

Voici en une capture d'écran un bilan, d'un truc qui a donné de l'espoir et fait croire en l'avenir à des milliers de militants. Nous avons été l'objet de quolibets de la part de pénibles, et désormais cela s'accentue. Il parait aussi qu'il faut que je m'achète une éthique. J'en ai gros sur la patate. [...]

Depuis 2006 je n'ai pas compté les journées, les soirées, les nuits perdues. En particulier jusqu'au 6 mai 2007. Et certains proches aussi, qu'ont ils entendu comme réponse ? je n'ose vous le dire, tellement c'est du grand n'importe quoi.
(Intox 2007)


Je retrouve dans leur amertume le même goût acide que nous avions dans la bouche au MoDem lorsque nous nous sommes rendus compte que Bayrou n'était qu'un homme politique comme les autres, capable de trahir sa parole ou tout au moins de la travestir au point qu'elle ne ressemble plus à ce qui nous avait conduit derrière lui.

Je retrouve dans les propos modérateurs de certains, la même volonté d'y croire encore plutôt que d'affronter la cruelle désillusion et, en corollaire, la question sous-jacente "partir ... mais pour où ?"


Encore combien de temps laisserons-nous les hommes politiques tromper, se servir, mépriser l'implication et le travail que fournissent sans compter les militants ?

Combien faudra-t-il de dizaines de milliers de déçus et de blessés pour qu'enfin cette masse silencieuse et dévouée relève la tête et exprime sa colère ?

N'est-il pas grand temps que tous ces citoyens trompés se rassemblent pour mettre en oeuvre ce à quoi ils ont tant réfléchi : des organisations politiques nouvelles, centrées sur la question de la démocratie et non plus sur le succès de telle ou telle "vedette" aux seules échéances électorales ?


Parce que oui, définitivement, je pense "qu'ils sont tous pourris".

vendredi 11 septembre 2009

Comme elle sent bon la France !


Terrible vent contraire sur ce blog en ce moment ! Impossible d'avancer, j'ai affalé la grand-voile et je laisse dériver l'embarcation.

Je pourrais arguer que j'ai des choses bien plus passionnantes à faire que de nourrir ces pages. Ce n'est même pas exactement le cas : du temps, il m'en reste. C'est l'envie qui meurt.

J'ai une indigestion de vigilance, un trop-plein de ras-le-bol, et, face à l'ampleur de la tâche - entre une sarkozie au sommet de son erratique incapacité et de son indécence (à lire cela, les bras m'en tombent plus encore) et une opposition qui part en capilotade - je craque.

Et ce n'est pas la proposition de Royal qui va arranger les choses pour 2012 !

Ni le joli hochet dont le PS veut se doter qui va améliorer la démocratie interne d'un parti dont on se demande s'il est encore "gouvernemental" tant il part à la dérive.

Bah voui, je suis désolée, je ne vois dans ce truc qu'un amuse-neuneus qui va être tout juste bon à recentrer les militants égarés dans divers forums et cercles de réflexion (manière de savonner la planche de certains et certaines qui dérangent) et à les tenir en haleine en attendant les prochains tractages-boitages (qui nécessitent - pour le coup - de diligentes brebis).

Pareillement, je ris jaune en observant les retombées de l'OPA, heu pardon OPD, de Bayrou à la Gauche. Dans la série "je continue à faire le guignol pour draguer toutes les voix possibles", on ne fait pas mieux. Certains s'en félicitent, moi, je freine des 4 fers compte-tenu de la faiblesse de cette gauche.

Alors, on peut toujours se gargariser de grands mots et formules dogmatiques, écrire de longues diatribes contre la sarkozie pourrie, se poser la question de savoir ce qu'est être de gauche (mais je vais répondre, hein ? Ne serait-ce que pour lever les doutes qui rongent mes copains de oueb :-) ou de droite ... Rien ne sert et rien ne change.

Les "partis dominants" (selon la formule con-sacrée de certains que j'aime bien au demeurant:-) ne sont plus pour moi d'aucun recourt puisqu'ils ne font qu'alimenter par leur fonctionnement la gangrène qui ronge notre démocratie.

Je vais donc tenter de réorienter mon action vers un terrain plus neutre que l'on pourra trouver peu efficace dans le cadre de nos institutions mais qui aura le double avantage d'avoir un réel impact sur deux ou trois gugusses et de ne pas cautionner un système politique qui me donne la nausée.


jeudi 3 septembre 2009

Arnaud Montebourg, un personnage ambigu entre désillusions et espoir


Qui est Arnaud Montebourg, quelle est sa réelle volonté de changement et qu'elles sont ses marges de manœuvre au sein du Parti Socialiste ?

Après l'ITW de lui que nous avons réalisée à la Rochelle avec mes compères Dagrouik, Jon et Abadinte, ce sont les questions que je me pose encore, sans avoir pu trouver de réponses.

"L’homme est attachant, séduisant, il a du panache" dit de lui Moscovici sur son blog, dans un billet datant de septembre 2008.

"Le personnage est passionnant, par ce que même quand il déconne on a envie de lui pardonner." rajoute Dagrouik dans son dernier billet.

C'est vrai. Et j'avais déjà eu l'occasion de le découvrir lors d'une réunion du MoDem à Clamart se déroulant - risible coïncidence - dans le même lieu et à la même heure qu'une réunion de campagne du PS.


Cependant, son parcours semble parfois erratique et je ne suis pas loin de penser comme Moscovici qui - bien amèrement à la veille du Congrès de Reims - écrivait :
"Mais le politique est parfois peu constant. ... Il a toute mon affection – vraiment – mais j’ai aussi des regrets de ces virevoltes qui ne lui donnent ni prévisibilité, ni lisibilité : il a trop souvent varié pour que son jugement soit pris au sérieux désormais, et c’est dommage."

Fondateur du NPS en 2002 avec Dray et Peillon, il le quitte en 2005 pour fonder "Rénover maintenant" et se retrouve aujourd'hui promu dans l'état major du Parti Socialiste après avoir soutenu la motion de Martine Aubry dont on sait combien la victoire au congrès a été controversée.

C'est sur ce long engagement en faveur de la rénovation qu'Arnaud Montebourg s'appuie pour justifier de sa détermination. Au micro de Eric Delvaux, dans le 7/10 de France Inter, le député PS de Saône-et-Loire déclare :
"Je suis secrétaire national à la rénovation, je ne suis pas secrétaire national à l'immobilisme. Ça fait dix ans que nous avons commencé à nous battre pour transformer la gauche après le fameux et triste 21 avril 2002...ça n'a jamais marché, nous n'avons eu que des défaites"

Cependant comment croire à la sincérité de Montebourg quand ce chantre du non-cumul finit par cumuler lui-même ?

Comment croire en sa marge de manoeuvre réelle quand, face à Eric Delvaux qui le questionne sur la manière dont il pense convaincre Martine Aubry, Montebourg botte en touche et répond à coté en rappelant uniquement l'intérêt des primaires ?

C'est donc avec beaucoup de curiosité de j'abordais l'ITW dont vous pouvez avoir le son (de mauvaise qualité hélas) ici.




Q : Martine Aubry a apporté son soutien aux primaires, où en est-on au PS dans la mise en application et où en sont les discussions avec les autres partis ?


Montebourg rappelle avoir discuté avec toutes les sensibilités du parti pendant 3 mois avant la rédaction du petit livre rouge de synthèse.
"Tout électeur inscrit sur les listes électorales acquittant une participation à la primaire de minimum un ou eux euros et s'engageant sur l'honneur à défendre le vainqueur désigné de la primaire est considéré comme sympathisant de gauche.

L'autre ouverture c'est l'ouverture aux autres partis de gauche pour éviter que le premier tour de l'élection présidentielle ne devienne une sorte d'élimination du candidat du parti socialiste. C'est un outil de rassemblement. Notre difficulté s'est d'arrivée à surpasser Nicolas Sarkozy qui a rassemblé toutes les droites dans un seul parti tout en respectant notre culture parlementaire, délibérative.

Quand on le questionne sur le réalisme de cet objectif de rassemblement des partis de gauche, Montebourg répond que 3 partis ont exprimé leur soutien. "JM Baylet, JP Chevenement et Daniel Cohn Bendit". Seul - toujours d'après lui - le PC a clairement refusé ces primaires qui pour lui semblent être le seul moyen de faire barrage à Sarkozy.
Face à Sarkozy qui a tous les médias, les pouvoirs, que reste-t-il à la gauche ? Il reste le peuple, la France et Internet.

Q : Pourtant, il semble que les citoyens attendent moins une alliance des partis de gauche qu'un projet qui leur donne de l'espoir.
Ils veulent gagner ! Ils veulent gagner ! Vous savez, quand on fait des projets dans les antichambres des partis politiques, on se met d'accord pour ne pas aborder les sujets qui fâchent. Là c'est devant les Français, avec les Français . Vous allez avoir des partis qui sont très éloignés de la demande de la société qui vont se rapprocher.

Q : Au sujet d'Internet et du réseau social annoncé, est-ce qu'il n'y a pas un risque de blocage de ce processus ?
"Là nous construisons une horizontalité générale.... C'est une décision de nous tous et c'est d'ailleurs le dossier qui a le plus avancé.... On a comme projet de changer radicalement l'utilisation de l'argent public. Tout cela est en cours de restructuration."
Montebourg cite alors la disparition de l'hebdo du parti socialiste et le développement de l'interactivité.

Q : Sur la rénovation, quelle est le niveau de coordination des initiatives individuelles et quel est l'avenir des quadras ?

"Il n'y a pas de conflit de générations" répond Montebourg, qui parlait pourtant lui-même tout récemment de "génération sacrifiée".
"Le combat sur les primaires, les statuts, ce sont des combats que l'on a partagé depuis longtemps donc on s'appelle sur ces sujets... Je les ai tous mis autour de la table... Ils ont tous voté pour mon rapport."

Interrogé sur le fait que Martine Aubry se soit néanmoins ralliée fort tardivement à ce projet de primaires, Montebourg se fait moins disert et propose, agacé, que l'on pose la question directement au Premier Secrétaire.

La coordination entre son action et celle des relais fédéraux n'est pas non plus clairement explicitée. La concertation existe avec ces relais "quand ils existent" répond-il ...

Q : Au sujet du non cumul des mandats, le parti socialiste va-t-il se l'appliquer à lui-même avant d'être en position de légiférer ?

Montebourg saute sur l'occasion pour rappeler que la rénovation concerne trois volets :
  • Reprendre pied dans la société française, ce sont les primaires
  • Transformer le parti socialiste lui-même , ce sont les statuts qui seront profondément transformés l'année prochaine
  • Transformer le système politique national, c'est le non-cumul des mandats "pour organiser le renouvellement et la diversification des élus". Il souligne à ce propos que toutes les couches sociales ne sont pas représentées parmi les élus du PS, point abordé la veille dans l'atelier sur la sociologie militante.
"Il va falloir convaincre les barons. Ca ne peut se faire que dans le temps.
En ce qui concerne sa position personnelle de cumul des mandats , Montebourg avoue avoir accepté cette situation par lassitude politique face aux attaques de ses pairs de tous partis.
Mais il rajoute que lui-même ne voit aucun avantage à cette situation, qu'il a donc décidé de démissionner pour ne plus cumuler et qu'il se questionne uniquement sur le mandat qu'il lui faut conserver.


"Tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire, tout ce qui est interdit est obligatoire .... Le système est trop fort"
rajoute-t-il avec une pointe de découragement.


C'est sur cette dernière petite phrase que je souhaite conclure tant elle résume bien l'état de notre démocratie, tant elle illustre la difficulté du combat d'Arnaud Montebourg et de tous ceux qui aspirent au changement.
Tant, enfin, elle excuse à elle seule, les concessions auxquelles il doit nécessairement se soumettre dans le cadre de sa mission.


mercredi 26 août 2009

Espoir à Gauche ? Espoir tout court


Certains de mes anciens camarades de route modemistique se sont questionnés au sujet de mon billet d'hier, me rappelant que l'ouverture (la vraie, pas la marketée sarko !) et le rassemblement étaient deux voeux que j'exprimais dès les débuts de mon engagement politique.

Je n'ai pas varié d'état d'esprit.

Seule la cuisine politicienne me dégoûte et, trop souvent avalée, elle a fini par ternir mes beaux espoirs naïfs et je reste désormais dubitative dès que j'entends s'exprimer à la tribune les ténors de partis.

Toutefois, je suis toujours aussi séduite par les propos de ceux qui promeuvent la recherche de points de convergence plutôt que par ceux qui défendent des lignes figées, partisanes et définitivement dogmatiques.

La courte interview de J-F Kahn que je mets en ligne ici résume parfaitement mon avis.





Dans cette optique d'ouverture et de rassemblement au-delà des querelles de personnes - et parce qu'elle me semble être un premier pas nécessaire vers une démocratie renouvelée qui ne laisse plus seulement la parole aux chefs de file - je soutiens la démarche de primaires à gauche lancée sur le site de Terra Nova.

Comme vous le savez, Terra Nova s'est engagée en faveur de primaires pour désigner la candidat de la gauche à la présidentielle. Nous avons,les premiers, défriché le sujet au plan intellectuel, à travers un groupe de travail présidé par Olivier Duhamel, qui a abouti à un essai intitulé "Pour une primaire à la française" (août 2008). Nous avons mené la bataille de conviction et aujourd'hui, avec le rapport remis à Martine Aubry par Arnaud Montebourg et moi-même, le projet est arrivé à maturité politique.


Mais les appareils, au PS et dans les autres partis progressistes, hésitent. Une mobilisation de la société civile, témoignant de la volonté des citoyens de choisir directement leur candidat à l'élection présidentielle, ainsi que la ligne politique qu'il défendra, pourrait contribuer à surmonter ces réticences.


C'est pourquoi nous lançons un appel pour une primaire populaire. L'objectif est d'atteindre 100 000 signataires. L'appel et les signatures seront remis aux leaders des partis progressistes. Je vous invite donc dès aujourd'hui à signer cet Appel (primaire2012.fr), et à le diffuser le plus largement autour de vous.


Olivier Ferrand

Président de Terra Nova





vendredi 21 août 2009

Renouveau de la démocratie : enjeux et points faibles de la démocratie participative


Pour répondre à Sceptique qui s'interroge sur ma conception de la démocratie dans les commentaires du billet précédant, et parce que le renouveau de la démocratie est la question centrale de mon engagement politique, je reproduis en partie ici un post publié en 2007 sur mon ancien blog.


Définition et historique de la démocratie participative

Selon wikipédia, la démocratie participative recouvre des concepts permettant d’accroître l’implication et la participation des citoyens dans le débat public et la prise de décisions politiques qui s’en suit. La démocratie participative s’inspire de concepts mis en place dès 1960 dans de nombreuses entreprises sur l’organisation et l’amélioration des postes de travail. La démocratie participative st un système mixte dans lequel, le peuple délègue son pouvoir à des représentants charger de proposer et de voter les lois, tout en le conservant (le peuple se saisit lui-même directement de telles questions, via une pétition….ou une interactivité sous forme de débats de proximité).

Déjà Rousseau, publiant " " Du Contrat Social ", défend cette idée en 1761.

A la même époque, la " démocratie participative " existe déjà dans les équipages de pirates de nature " anti-autoritaire " : " Chaque équipage fonctionnait sous les termes d’articles écrits, adoptés par l’intégralité de l’équipage et signé par chacun de ses membres ". " Les équipages de pirates Euro-américains formaient réellement une communauté basée sur des coutumes partagées sur tous les navires. Les concepts de Liberté, Egalité et de Fraternité, se sont développés en mer près de cent ans avant la Révolution Française ".

L’expérience de Démocratie Participative la plus connue est bien entendu le budget participatif de certaines villes brésiliennes, notamment Porto Alegre, gérées par des coalitions de gauche.

La notion de démocratie participative n’est pas apparue en France sous l’impulsion de Ségolène Royal et du Parti Socialiste lors des dernières présidentielles : c’est un concept testé depuis plusieurs années dans la plupart des organisation de gauche et c’est dans les témoignages issus de leurs rangs qu’il faut aller chercher les facteurs de succès et les pièges à éviter.


Analyse critique des pratiques de démocratie participative

En mai 2006, au cours des premières rencontres de la coopération internationale décentralisée franco-brésiliennes, la fondation Charles Léopold Mayer organise une table ronde qui rassemble, outre Pino Zalewsky de la ville de Porto Alegre et Fernando Pimental, maire de Belo Horizonte, des personnalités socialistes, communistes et inter mondialistes pratiquant la démocratie participative. La rencontre met en évidence un certain nombre de points relatifs à ces pratiques.

Voici quelques extraits de leur rapport et de leurs conclusions :

La démocratie n’est pas une mode, elle débouche vite sur des réflexions de fond relatives à la pratique politique, au partage du pouvoir, à la gouvernance et à la démocratie elle-même.

" On est loin d’un gadget et de solutions toutes faites que l’on se passerait d’une collectivité locale à l’autre ou d’un pays à l’autre…Ce qui est au cœur des réflexions, c’est tout bonnement le renouveau du politique "

C’est un vaste mouvement qui est en route et il est devenu incontournable

" Le mouvement d’abord est en route . ce qui signifie que les uns et les autres peuvent, au travers l’échange, asseoir leur réflexions sur des pratiques concrètes. Il est , en outre, incontournable tout simplement parce que la crise de la démocratie est partout "

Le vocable de " démocratie participative " recouvre une grande variétés d’approches.

" La ville de Lille insiste sur la différence entre information, consultation et participation ; les ateliers citoyens de la région Rhône-Alpes sont proches de ce que l’on pourrait appeler la démocratie délibérative : elle mobilise des groupes de citoyens relativement restreints qui tentent de construire ensemble un avis informé et si possible consensuel sur des questions complexes ; la pratique de la ville de Brou sur Chanteraine pourrait être qualifiée de co-construction de projet public, ; les conseils populaires brésiliens dans des domaines comme l’éducation et la santé s’apparentent plutôt à une cogestion corporatiste des politiques publiques.

La démocratie participative est en réalité une stratégie de changement tant du coté des instances publiques que du coté des citoyens.

" Tous ont souligné qu’il s’agissait avant tout d’un changement d’attitude aussi bien du coté des élus et des administrations que du coté des citoyens. Tous ont montré des apprentissages en marche. ..Nombreux sont les intervenants qui ont souligné l’importance des processus de formation. Certains mêmes ont parlé de formations des élus "

Une véritable démocratie participative appelle des méthodes et outils rigoureux, un changement des organisations publiques

" Tous les participants qui avaient une expérience pratique de ces questions ont souligné l’importance des méthodes. Le renouveau politique ne se nourrit pas seulement de bonnes intentions, il appelle des méthodologies nouvelles "

Une authentique démarche participative part des gens eux-mêmes et non des institutions publiques.

" Les besoins des habitants sont totalement transversaux à différents secteurs. Partir des dynamiques, des besoins et des rythmes des habitants constitue le levier d’une mutation radicale de l’organisation et de la mentalité des pouvoirs publics locaux "

Les démarches participatives, en développant le capital social, créent de la richesse.

" La plupart des participants ont souligné l’importance de l’impact des démarches entreprises tant pour le développement du capital social des habitants que celui des collectivités territoriales "

La mise en cause radicale des modes d’organisation des collectivités territoriales.

" Il n’est pas possible de plaquer de véritables approches de démocratie participative sur des systèmes institutionnels inchangés et cala vaut pour tous les aspects des institutions : le mode d’organisation lui-même, le rapport au pouvoir, les cultures administratives et politiques "

La subsistance d’importants angles morts dans les dynamiques en cours.

Premier angle mort : la plupart des villes qui s’étaient engagées dans des procédures de type " budget participatif " ont vu l’équipe au pouvoir battue aux élections suivantes. Ce qui posent deux questions également importantes : la popularité réelle de ces méthodes et la continuité nécessaire de l’apprentissage d’une nouvelle manière de gérer le bien commun

Second angle mort : la portée réelle de ces démarches et la capacité à les faire contribuer à la production du bien commun au delà de l’échelle micro-locale

Troisième angle mort : la possibilité d’inclure réellement toute la population à ces démarches. Tous les intervenants ont posé la question sous une forme ou sous une autre. Qui participe réellement aux assemblées citoyennes ? qui y prend la parole ? qui est en mesure de faire prévaloir son point de vue ? où sont les plus pauvres ? les jeunes participent-ils ?


Analyse critique des méthodes d'animation de la démocratie participative

Dans son article, " Candidature unitaire, consensus et démocratie " paru le 27 décembre 2006, Robert JOUMART s’interroge : " Les collectifs pour des candidatures antilibérales unitaires n’ont pas réussi, pour le moment, à se mettre d’accord sur leur candidat aux prochaines présidentielles. C’est l’échec du rassemblement, voire d’une méthode, le consensus. Mais la méthode était-elle vraiment celle du consensus et du dépassement de la démocratie participative ? "

Analysant le processus suivi, il met en évidence les dysfonctionnements qui ont entravé une véritable démarche de démocratie participative :

La méthode du consensus comporte cependant des exigences incontournables : d’une part que les participants soient de bonne foi et soient d’accord sur l’essentiel, et notamment sur les valeurs et l’objectif, d’autre part que chaque avis, chaque proposition soit expliqué et analysé publiquement, enfin que l’on prenne le temps nécessaire au débat.

La méthode a été par de nombreux côtés obscure : les collectifs locaux ont été appelés à exprimer leur préférence, mais aucune méthode précise n’a été suggérée, aucun débat lancé sur ce point.

Dès le 10 septembre, il a été proposé aux collectifs de discuter des critères de choix du candidat à la présidentielle plutôt que des candidats eux-mêmes : ce fut une excellente décision afin de dépassionner les débats et de discuter sérieusement des qualités des uns et des autres.

Ces critères sont bien évidemment contradictoires, ce qui fait la richesse et la difficulté du choix, et ne peuvent être réduits à l’un d’entre eux. Les critères n’ont pas circulé entre collectifs et le Collectif national n’en a produit aucune synthèse, si ce n’est une liste de critères si peu discriminants qu’ils n’étaient d’aucune utilité…. car les organisations se pensent d’abord comme des organisations concurrentes les unes des autres, même au sein d’un collectif.

Des éléments importants du débat ont été cachés pendant plusieurs mois par le Collectif national… personne du Collectif national n’a pris la peine de faire un courrier clair, net, compréhensible et lisible pour les modestes militants des collectifs locaux qui l’ignoraient totalement.

Du point de vue de la démocratie, la pierre angulaire du consensus est le pouvoir donné à chacun de refuser un projet de décision s’il lui apparaît inacceptable, c’est-à-dire le droit de veto… son extension à des milliers de militants signifie soit des discussions sans fin, soit l’absence de décision et donc la dictature de l’individu. Le choix de ceux qui ont droit de veto et la manière dont ils définissent leur position sont, là encore du point de vue de la démocratie, essentiels. On ne peut donc faire l’économie d’une réflexion sur la légitimité de chacun des collectifs, organisations, tendances ou personnalités à avoir droit de veto, c’est-à-dire à participer au consensus.

La manière dont chaque organisation définit sa position doit aussi être analysée de près. Il n’est pas indifférent que cette position soit issue d’un vote auprès des membres de cette organisation ou acquise à l’issue de discussions entre les seuls dirigeants de l’organisation. "


Ainsi, malgré un processus qui se voulait démocratique et participatif, R.Joumart conclue " Les militants antilibéraux de base se retrouvent paradoxalement dans une situation analogue à celle qu’ils ont connue face au projet de constitution : l’impression que les jeux sont faits sans eux, que des élites, européennes dans un cas, antilibérales dans l’autre, ont cherché à décider à leur place ".


On comprend bien à la lecture de ces exemples que la démocratie participative nécessite une approche construite et réfléchie sous peine de conduire à l’échec, et pire encore, à la démobilisation citoyenne. Cette approche méthodique existe et l'on peut regretter que les organisations politiques qui souhaitent encourager la participation ne renforcent pas leurs compétences dans ce domaine avant de lancer les débats.


 

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